Le potentiel d’une double ouvreur dans le rugby français

La question de l’utilisation de deux ouvreurs au sein du quinze de France fait débat, surtout à l’approche du Tournoi des 6 Nations. Bien que cette stratégie soit rarement exploitée en France, elle a gagné en popularité chez de nombreuses sélections anglo-saxonnes. Les exemples d’associations fructueuses de deux numéros 10 témoignent des bénéfices qu’elle peut apporter.

Une stratégie encore trop sous-utilisée

Les chances de voir Matthieu Jalibert et Romain Ntamack alignés sur le terrain ensemble semblent actuellement très limitées. Leur dernière association contre l’Argentine et la Géorgie en novembre 2021 n’a pas incité Fabien Galthié à renouveler l’expérience. Pourtant, la combinaison de deux cerveaux sur le terrain pourrait ajouter une flexibilité tactique non négligeable, en rendant la lecture des défenses adverses plus complexe.

Le potentiel d’une double ouvreur dans le rugby français

Les avantages d’une double configuration

Cette formation à deux cerveaux offre de nombreux avantages. Damien Traille, ancien international tricolore, souligne l’importance d’avoir un deuxième 10 qui apporte des alternatives, notamment dans le jeu au pied ou la distribution du jeu. Bien que Galthié ait tenté d’associer Ntamack et Jalibert, les résultats n’ont pas été à la hauteur des attentes dès le départ.

Une culture anglo-saxonne bien ancrée

Contrairement à la France où l’ouvreur ne jouit pas d’une position centrale, les sélections anglo-saxonnes ont souvent intégré cette configuration à leur jeu. Par exemple, l’Angleterre a établi une tradition avec des duos célèbres tels que Jonny Wilkinson et Mike Catt, puis George Ford et Owen Farrell. Cette approche a été couronnée de succès, notamment lors de la Coupe du monde 2019.

Une inspiration venue des All Blacks

De même, la Nouvelle-Zélande a popularisé le concept de « cinq-huitième », un joueur qui occupe une position hybride entre ouvreur et centre. Les All Blacks, avec des joueurs comme Dan Carter et Richie Mo’unga, illustrent parfaitement l’efficacité de cette stratégie.

Le rôle évolutif des joueurs en équipe

La flexibilité d’un deuxième ouvreur peut également s’appliquer à divers postes. Selon Traille, un ouvreur en position de centre possède un rôle crucial sur les phases statiques. Son jeu courant n’est pas affecté par sa position et permet une fluidité dans le jeu. Ainsi, le quindor de France pourrait exploiter cette polyvalence pour redistribuer les rôles et dynamiser le jeu.

Un modèle déjà présent chez les Bleus

Actuellement, le quindor de France joue déjà avec une certaine forme de double ouvreur. Thomas Ramos, avec son numéro 15, assure un rôle de chef d’orchestre tout en se proposant comme premier receveur. Cependant, une surreprésentation de leaders à la barre pourrait nuire à l’équilibre physique de l’équipe et entraver l’émergence d’autres talents sur le terrain.

En conclusion, bien que l’association de deux ouvreurs dans le rugby français demeure un sujet de controverse, elle soulève des perspectives intéressantes. Avec la créativité et le talent présents dans l’équipe, l’avenir semble prometteur pour le quindor tricolore. L’innovation tactique pourrait bien être la clé pour un succès accru lors des compétitions à venir.

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